Ariane Provot

Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaîtraient pas ?

Je suis originaire de Metz, j’ai débuté le golf à 8 ans avec mon papa et j’ai tout de suite accroché. J’ai donc commencé l’école de golf à 8 ans et trois ans plus tard un nouveau coach est arrivé au club. Et il m’a pris sous son aile.

Avec des résultats assez rapides…

En effet, environ deux ans et demi après avoir commencé à travailler avec lui je suis devenue championne de France pour la première fois. Ce titre m’a prouvé que j’étais douée et déclenché en moi l’envie d’aller plus loin et envisager d’en faire mon métier. A 13 ans seulement…

Les choses se sont donc accélérées pour atteindre ton objectif ?

Oui, je suis rentrée en pôle Espoirs à 15 ans à Toulouse. Je suis resté deux ans là-bas. Ensuite, j’ai évolué au pôle Girls à Paris, durant un an. J’ai eu mon bac et je suis retourné à Toulouse, cette fois au pôle France Dames où je suis resté deux années. En parallèle, j’ai tenté un BTS management des unités commerciales. Mais c’était compliqué de combiner le golf et les études, j’ai donc arrêté le BTS.

Pour atteindre ton objectif de devenir pro, tu devais sacrifier les études supérieures ?

C’était mon ressenti. Au départ, je voulais passer mon bac et passer pro quasiment dans la foulée. Mais je me suis rendue compte que je commençais à toucher au très haut niveau amateur et je trouvais cela intéressant de continuer à évoluer en tant qu’amateur. Cela me permettait de pouvoir jouer les championnats d’Europe par équipe, les championnats du monde (que je n’ai pas joués), le British Amateur, etc… C’était selon moi important de ne pas se précipiter et de profiter des ces opportunités sans trop de pression. J’ai donc arrêté mon BTS.

Où es-tu basée désormais ?

Cela fait maintenant un an et demi que j’habite à Paris. Je m’entraîne donc essentiellement au Golf National.

Tu es passée pro en 2014. Comment s’est passé la transition entre le monde amateur et le monde pro ?

L’année 2014 a été un peu difficile. C’est un tel changement entre les deux… Même si en pôle, on nous prépare un peu à cela, c’est compliqué. On passe alors d’un groupe à un travail en individuel, d’une grosse aide de la fédération et d’équipementier à quasi rien, tu repars un peu de zéro. Tu te mets la pression car tu comprends que c’est ton métier, que c’est ainsi que tu vas devoir gagner ta vie. Et puis quand tu arrives sur le tour, tu sens vraiment le changement d’ambiance, l’esprit de compétition.

Ariane Provot

J’ai bien intégré le fait que le golf est mon métier, j’aime le fait que ce soit mon métier.

Tu t’es sentie un peu livrée à toi-même ?

Forcément un peu plus car là tu ne joues que pour toi. Mais j’ai eu la chance pour mon année de rookie d’avoir comme marraine Marion Ricordeau qui m’a beaucoup aidé, je pouvais vraiment compter sur elle. J’ai finalement réussi à m’adapter mais ce fut difficile.

Hélas, tu n’as pas conservé ta carte à la fin de la saison ?

Non et j’ai donc retenté les cartes européennes où j’ai échoué.

L’heure du changement avait donc sonné…

J’ai changé de coach à ce moment. Cela fait un an et demi que je travaille Pierre-Jean Chassagne  et nous faisons vraiment du super boulot ! Il m’a appris à reprendre confiance en moi. J’avais perdu cette facilité de jouer au golf, je me posais trop de questions, j’étais sur la défensive sur le parcours. Il a structuré tout ce qui se passait dans ma tête. Par exemple aujourd’hui, je peux dire que j’ai bien intégré le fait que le golf est mon métier, j’aime le fait que ce soit mon métier. Je commence à bien me connaître et savoir ce dont j’ai besoin pour que ça marche.

Quels sont tes objectifs aujourd’hui ?

Je sais qu’il faut y aller étape par étape. Chacun rêve en grand et je pense aux plus beaux tournois. Mais le travail au golf prend beaucoup de temps. Mieux vaut donc se fixer des objectifs intermédiaires et au fur et à mesure viser plus haut.

Nous avons beaucoup évoqué le mental. Techniquement, où en es-tu ?

La technique n’a jamais été mon point fort dans le sens où je n’aime pas cela. Je laisse donc faire le coach pour tout ce qui touche à la technique. Avec son œil, avec ses mots, il me traduit tout cela par du ressenti, par de la visualisation… Le travail va beaucoup plus vite ainsi. Comme pour beaucoup d’entre nous, mon travail technique se fait essentiellement en hiver. Après, tout au long de l’année j’ai des exercices que je travaille comme un échauffement, pour mettre le swing en place. Et après, c’est des trajectoires, des jeux, il faut que ce soit ludique…

Quels sont les points forts et les points faibles de ton jeu ?

Je dirais que mon point fort -en ce moment- c’est le driving : je tape fort, précis, donc je prends beaucoup de fairways. Le « hic » du moment, c’est mon putting, beaucoup trop irrégulier. Un jour je fais 29 putts, le lendemain 35. Je pense que cela s’explique par le fait que je suis donc beaucoup dans le ressenti et que justement au putting il faut beaucoup de technique. Je me pose des questions et ça me perturbe. C’est ce qui me frustre beaucoup en ce moment. Et je pense que c’est ce qui, sur des journées moyennes, ne me permet pas de limiter la casse.

Qui sont tes idoles dans le golf ?

Petite, c’était Annika Sörenstam. Aujourd’hui c’est Suzann Pettersen. J’adore son attitude sur le parcours, c’est une battante, une joueuse agressive. Et puis on se ressemble un peu… (rires).

Que penses-tu de la polémique sur les nombreux joueurs qui ont préféré ne pas participer aux Jeux Olympiques ?

Je trouve cela dommage. Enfin, le golf était de retour aux JO, c’était le moment de montrer notre fierté par rapport à cela. Ce qui est bizarre aussi, ce sont les raison invoquées. Un tel événement, c’est mythique, ça ne se refuse pas.

Que peut-on te souhaiter pour la fin 2016 ?

Rentrer dans le top 30 européen et continuer à prendre du plaisir !

Un mot sur ton équipementier Mizuno, avec qui tu es venue travailler aujourd’hui au Golf National ?

Tout se passe à merveille. La communication est excellente. Je change chaque année de génération de club et tout est fait d’une façon très pro. Et puis je joue Mizuno depuis des années même avant d’être sous contrat.

Qu’attends-tu de tes clubs ?

J’ai besoin de clubs qui me permettent de faire beaucoup de trajectoires. Petite précision sur le driver : il faut qu’à chaque fois je puisse faire mon « coup spécial », à savoir une balle basse qui ne prend  pas le vent et roule beaucoup. C’est le coup dont j’ai besoin quand je suis un peu tendue, une sorte de coup de sécurité.

Août 2015 - Première victoire professionelle pour Ariane - Solvesbörg Ladies Open (LETAS)
Août 2015 – Première victoire professionelle pour Ariane – Solvesbörg Ladies Open (LETAS)

Propos recueillis par Antoine Lascault


BIO : Ariane Provot

Née le 29 juin 1992 à Saint-Julien-lès-Metz.
Index – 3 (niveau amateur)
2ème au ranking amateur
5 titres de championne de France
Touring pro du Golf Club de Toulouse

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Avec

Si vous souhaitez en savoir plus sur Ariane, rendez-vous sur son site arianeprovot.com