« Plus que du golf » Fiona Ashton, Event Manager d’IGTM : une interview exclusive pour Fairways Magazine. À quelques semaines de l’ouverture d’IGTM 2026 à Cannes, Fiona Ashton, Event Manager du salon, décrypte pour fairways les nouvelles tendances du tourisme golfique, l’évolution des attentes des voyageurs et les destinations qui montent.

IGTM est devenu un rendez-vous incontournable pour l’industrie mondiale du tourisme golfique. Quel sera le grand thème de l’édition 2026 à Cannes ?
2026 marque véritablement un nouveau chapitre pour IGTM. Nous lançons IGTM Discovery, qui élargit le salon au-delà du seul tourisme golfique afin d’accueillir l’ensemble de l’industrie du golf : technologie, retail, gestion des clubs, équipement… Nous inaugurons également un tout nouveau programme de conférences qui se déroulera pendant les trois jours du salon et abordera des sujets allant de la gestion durable des parcours au potentiel économique du golf féminin.
Tout cela renforce ce que #GolfTogether a toujours représenté. Pendant des années, il s’agissait avant tout de mettre en relation les acteurs du tourisme golfique et les acheteurs. Cette année, avec l’arrivée d’IGTM Discovery, c’est toute l’industrie du golf qui se réunira sous un même toit, à une échelle encore jamais atteinte.
Quelles sont les grandes tendances que vous observez actuellement dans le tourisme golfique ? Les attentes des golfeurs ont-elles beaucoup évolué ces dernières années ?
Absolument. Le golfeur voyageur d’aujourd’hui recherche bien davantage que de simples départs sur un parcours.
Le golf reste au cœur du séjour, mais notre étude menée avec 18Players révèle que 78,9 % des golfeurs sont désormais davantage susceptibles de réserver une destination proposant une combinaison attractive de golf et d’expériences lifestyle, plutôt qu’uniquement d’excellents parcours.
La gastronomie joue notamment un rôle majeur : 83,6 % des personnes interrogées estiment qu’une excellente cuisine locale et des expériences gastronomiques de qualité sont les éléments qui pourraient le plus améliorer leurs vacances golfiques. Plus de la moitié des golfeurs considèrent également le bien-être, les paysages et la culture comme « très » ou « extrêmement » importants dans le choix d’un séjour. Enfin, près de 80 % envisageraient de voyager avec un groupe plus important d’amis ou de membres de leur famille.
Les destinations et les resorts sont donc de plus en plus en concurrence sur la qualité globale de l’expérience proposée, et plus seulement sur la réputation de leurs parcours.
Quelles destinations golfiques ont actuellement le vent en poupe ? Voyez-vous émerger de nouvelles destinations susceptibles de concurrencer les plus établies ?
L’Irlande, le Portugal et l’Andalousie restent des destinations très attractives et facilement accessibles. Elles continuent d’ailleurs d’investir dans l’amélioration de leurs parcours pour répondre à cette demande. Les Caraïbes et le Mexique, notamment le Yucatán et la Riviera Maya, connaissent également une forte croissance sur le marché des voyages long-courriers.
Mais ce qui est particulièrement intéressant, c’est l’émergence de destinations que les acheteurs n’auraient pas nécessairement découvertes par eux-mêmes. Nous constatons, par exemple, un intérêt croissant pour le Maroc et le Vietnam.
Plus loin encore, l’Arabie saoudite est une destination à surveiller. Les investissements réalisés dans le golf y sont considérables, même si, pour le moment, elle reste davantage une destination d’exception, à inscrire sur sa « bucket list », qu’une destination véritablement établie auprès des golfeurs européens. L’Afrique du Sud connaît elle aussi une dynamique importante sur le marché européen, avec une proposition très différente associant notamment golf, découverte de la faune et safaris.
Pour 2026, nous accueillons de nouveaux exposants et de nouvelles destinations, parmi lesquels Chypre, la République dominicaine, le Vietnam, la Chine et l’île Maurice, ainsi que Camiral, qui accueillera la Ryder Cup 2031. Cela montre à quel point la carte mondiale du tourisme golfique est en train de s’élargir.
Les questions environnementales occupent une place croissante dans le golf. Le développement durable est-il également devenu un véritable critère dans les choix des voyageurs et des tour-opérateurs ?
Le développement durable est clairement au cœur des échanges que nous souhaitons favoriser cette année avec IGTM Discovery. Il constitue d’ailleurs l’un des thèmes majeurs de notre nouveau programme de conférences.
Nous organisons notamment une table ronde dédiée avec Jim Croxton, CEO de BIGGA, et Alejandro Reyes de Turfgrass Agronomy Services. Ils aborderont le développement durable à l’échelle de toute l’industrie : gestion des parcours, entretien des gazons, chaînes d’approvisionnement et exploitation des resorts. Alejandro interviendra également spécifiquement sur la raréfaction des ressources en eau et les conséquences du changement climatique sur l’agronomie des parcours.
Du point de vue de l’industrie et des opérateurs, il s’agit donc d’une priorité réelle et croissante. Quant à savoir si cette préoccupation influence déjà directement les décisions de réservation des voyageurs, autant que peuvent le faire la gastronomie ou le bien-être, cela mérite d’être étudié plus précisément. Mais le fait que nos exposants et fournisseurs soient demandeurs de contenus sur ces sujets lors d’IGTM indique clairement la direction que prend l’industrie.
La France possède une offre golfique particulièrement riche et diversifiée. Pourtant, à l’international, elle est parfois moins fortement identifiée comme destination golfique que l’Espagne ou le Portugal. Comment la France est-elle perçue par les professionnels du secteur que vous rencontrez ?
Le retour d’IGTM à Cannes pour une deuxième année consécutive permet de mettre le golf français directement sous les yeux des acheteurs internationaux spécialisés dans les voyages golfiques. Notre Golf Day en est une parfaite illustration.
Les participants joueront trois parcours possédant chacun leur propre histoire : Le Riou à Terre Blanche, qui accueille le Terre Blanche Ladies Open du LET Access Series ; le Golf d’Opio-Valbonne, l’un des trois seuls parcours français dessinés par Donald Harradine ; et le Golf de la Grande Bastide, conçu par Cabell Robinson, longtemps associé à Robert Trent Jones Sr.
À l’heure où les destinations rivalisent de plus en plus sur la qualité de l’expérience globale proposée autour de leurs parcours, la France possède incontestablement de solides arguments à faire valoir sur la scène internationale.
Une question plus personnelle pour terminer : vous passez votre année à découvrir et à observer certaines des plus belles destinations golfiques de la planète. Laquelle vous donnerait personnellement envie de faire immédiatement vos valises… et d’emporter vos clubs ?
Ce serait sans hésiter le Japon. J’y suis allée pour la première fois récemment et je suis complètement tombée sous le charme de sa culture, de sa gastronomie, de son hospitalité et, plus généralement, de toute cette façon si particulière de faire les choses. Cette expérience m’a donné très envie d’explorer désormais plus sérieusement son offre golfique.
Le moment semble d’ailleurs particulièrement bien choisi : la Japan Golf Tourism Association participera cette année pour la première fois à IGTM en tant qu’exposant, ce qui montre à quel point le tourisme golfique international est désormais pris au sérieux au Japon.
C’est donc la destination pour laquelle je serais prête à faire mes valises !





























