Pitching, gap, sand ou lob wedge : notre expert fitting Dominique Nouailhac (Golf Plus à Garches) , fait le point sur ces clubs trop souvent relégués au second plan, alors qu’ils concentrent l’essentiel des coups gagnants d’une partie (extrait de fairways n°98 daté septembre/octobre 2026)
Quatre wedges, quatre missions
Sous l’appellation générique de « wedge » se cachent en réalité quatre clubs bien distincts : le pitching wedge (PW), le gap wedge (GW) — aussi appelé approach wedge (AW) —, le sand wedge (SW) et le lob wedge (LW). Leur point commun : un loft (l’angle d’ouverture de la face) plus ouvert que celui des fers, pensé pour des trajectoires courtes et précises.
Mais ce loft varie sensiblement d’un fabricant à l’autre, et surtout selon la tolérance de la tête de club. Le pitching wedge illustre bien cet écart : il peut aller de 41 degrés, pour une tête très tolérante en fer moulé, jusqu’à 47 degrés pour une lame « muscle back » en fer forgé, destinée aux joueurs les plus techniques. Le gap wedge, lui, se situe généralement entre 46 et 52 degrés, le sand wedge entre 54 et 56 degrés, et le lob wedge referme la marche avec des lofts pouvant grimper jusqu’à 64 degrés.
Le point de départ : connaître le loft de son PW
Premier réflexe avant tout choix : identifier précisément le loft du pitching wedge de sa série de fers. C’est cette donnée qui conditionne ensuite le nombre et le type de wedges à ajouter dans le sac.
Pour la grande majorité des golfeurs, le gap wedge reprendra le même modèle que la série de fers, afin de conserver un maximum de tolérance sur les pleins swings. Le sand wedge, en revanche, mérite une véritable tête de wedge à part entière, avec une semelle dotée du bounce (l’angle de rebond) adapté à son jeu.
Quant au lob wedge, il s’agit d’une option complémentaire, avec un loft très ouvert qui permet des trajectoires hautes et des balles qui s’arrêtent rapidement sur le green. Son intérêt : éviter d’avoir à ouvrir la face du sand wedge, une manipulation qui augmente le bounce effectif et le risque de mauvais contact — la fameuse « gratte » ou le « top ».

Le bounce, un réglage trop souvent ignoré
Une fois les têtes choisies, deux paramètres restent à ajuster : le shaft et le bounce.
- Le shaft se doit rester cohérent avec celui de la série de fers : graphite avec du graphite, acier avec de l’acier, sans exception. Et cela, c’st une vraie revelatiopn pour notre équipe à fairways…
- Le bounce, lui, mérite une attention particulière — c’est souvent le grand oublié des joueurs amateurs. Pour un gap wedge à 50 ou 52 degrés, un bounce standard de 10 à 12 degrés convient à la majorité des situations, aussi bien sur les pleins coups que sur les approches autour du green.
- Pour le sand wedge et le lob wedge, le choix se complique. Un bounce élevé, entre 12 et 14 degrés, sécurise les sorties de bunker et les coups sur terrain mou ou gras, en limitant le risque de gratte — mais il devient plus difficile à maîtriser sur les coups lobés ou sur un terrain ferme. À l’inverse, un bounce faible, entre 4 et 8 degrés, se révèle redoutable sur terrain ferme, pour les pleins coups comme pour les coups lobés, ou dans un sable très compact — au prix, cette fois, d’un risque de gratte accru sur terrain mou. Ce réglage plus « joueur » s’adresse avant tout aux golfeurs expérimentés, à la technique déjà solide
- Pour tous les autres, un bounce de 10 degrés reste la valeur la plus polyvalente, efficace sur l’ensemble des situations de jeu : pleins coups, sorties de bunker et chipping.
- Le conseil du fitteur
Lors d’une séance de fitting, il est essentiel de tester concrètement les différentes semelles et lofts disponibles, et d’échanger avec son fitteur sur le bounce le plus adapté à chaque wedge retenu.
Un temps d’analyse qui peut faire toute la différence sur les coups à moins de 100 mètres — ceux qui, trop souvent négligés au profit des longs clubs, sont pourtant les plus gros pourvoyeurs de points sur une carte de score.



























