Mark Adam fairways

Dans chaque numéro, l’architecte Mark Adam partage avec nous ses connaissances et ses anecdotes sur la science que constitue la conception de parcours de golf.  Ce mois-ci, il nous dit tout sur les bunkers. (Article issu du numéro 75).

L’évolution des bunkers :

Les bunkers sur les premiers links en Écosse étaient des zones naturelles de sable trouvées parmi les dunes. Ils n’avaient ni forme ni structure formelles. Leur entretien n’existait tout simplement pas. Les golfeurs jouaient leur balle telle qu’elle reposait. Ils possédaient différentes qualités de sable et celui-ci était sillonné, rendant le « lie » encore plus délicat. Cependant, à mesure que le golf évoluait, ces pièges sont devenus des éléments conçus, construits et entretenus. Leur esthétique et leurs formes ont commencé à être aussi importantes que leur rôle premier.

Aujourd’hui, les pratiquants insistent pour que le sable soit lisse, propre, blanc, constant en humidité et en profondeur, et totalement uniforme afin que chaque coup se joue de la même manière. Ils doivent également se drainer efficacement et rapidement. Pour les joueurs à faible handicap, les bunkers de fairway sont plus faciles à jouer que les roughs adjacents. Idem pour les bunkers situés autour des greens. En résumé, la plupart des bunkers ne représentent un véritable danger que pour les joueurs à handicap élevé.

Pourquoi passer en revue les bunkers sur le parcours :

De nos jours, de nombreux clubs consacrent autant de ressources à l’entretien des bunkers qu’à celui des greens. C’est un fait étonnant, dès lors qu’on considère que les bunkers sont définis comme des obstacles. Les distances atteintes aujourd’hui par les joueurs à faible handicap rendent de nombreux bunkers de fairways obsolètes. Il est important de vérifier avec l’aide d’un architecte de golf si chaque bunker a encore une valeur stratégique et esthétique. Il serait nécessaire de revoir leur emplacement, leur apparence, leur drainage et la qualité de leur structure. Les bunkers doivent être des éléments intimidants, intrigants et attrayants qui sont visibles du départ à l’aire d’atterrissage et de l’aire d’atterrissage jusqu’au green.

La suppression des bunkers :

L’expérience a montré que, sur de nombreux parcours, la suppression de quelques bunkers a eu un impact positif sur l’exploitation et l’entretien du terrain. Sans compter que cela a entraîné une satisfaction accrue des joueurs. La réduction de la surface totale des bunkers permet d’importantes économies et temps de maintenance, mais permet également au club de se concentrer sur les bunkers restants, leur construction, leur entretien et leur présentation esthétique.

Restauration / rénovation d’un bunker :

La restauration/rénovation d’un bunker est devenue complexe en raison de l’adoption et de l’utilisation de nouvelles technologies et de nouveaux matériaux. Une mise en forme et un terrassement appropriés contribuent à assurer un bon drainage et une bonne qualité structurelle de l’ensemble. Des ressources considérables sont consacrés à l’installation de drainage, de revêtements et d’autres matériaux, invisibles pour le golfeur mais indispensables. Les revêtements limitent la contamination du sable par d’autres matériaux et améliorent la stabilité du sable en contrôlant l’érosion. Ils contribuent également à réduire l’érosion des pentes en augmentant l’angle de repos du sable. Plus l’angle de repos d’un sable est élevé, plus il restera facilement « accroché » sur la face escarpée d’un bunker sans s’éroder. Parfois, des liquides à base de polyuréthane sont pulvérisés sur la surface préparée du bunker. Ils imprègnent et lient les particules de sol dans le bunker, évitant la contamination du sable et améliorant le drainage. Dans d’autres cas, du béton mélangé à des polymères particuliers est utilisé sur l’ensemble du bunker. Ainsi, les pierres et autres contaminants ne peuvent pas migrer du sous-sol pour contaminer le sable du bunker et l’eau coulera à travers le béton jusqu’au système de drainage installé dans la base du bunker.