On croyait le monstre de Guyancourt invincible, figé dans le marbre de ses exploits de Ryder Cup et des JO 2024. C’était sans compter sur le ballet des pelleteuses géantes du Grand Paris Express. Entre tranchées ferroviaires, investissements XXL et refonte intégrale de l’Oiselet, le Golf National s’est offert une mue sismique après deux ans de travaux. Plongée dans les coulisses d’un chantier qui a chamboulé les repères des plus irréductibles, tout cela à cause d’une ligne de métro – il n’y a pas de hasard – au numéro prédestiné : la 18
Les paillettes du FedEx Open de France et les fastes de la victoire de M%att Fitzpatrick retombées, nous voulions revenir sur le tracé de l’Albatros, que nous avons eu l’opportunité de jouer fin aout. Il faut le savoir : quand l’arrivée du métro a été officialisée et son futur tracé dessiné sous les douces pelouses saint-quentinoises, l’angoisse avait saisi plus d’un esthète des fairways et donné quelques suées à la ffgolf. Toucher à l’Albatros, inauguré en 1990 et modernisé en 2015, c’était un peu comme déboulonner l’obélisque de la Concorde. Et pourtant, loin de la catastrophe industrielle redoutée, la direction du site et la fédération ont eu le cran de voir grand. Très grand même.
Une fois la cicatrice de béton creusée par les tunneliers, un chèque total de douze millions d’euros a été posé sur la table par les pouvoirs publics et la ffgolf. Le cabinet Talley Golf Design a débarqué avec un objectif simple : réécrire la partition pour faire passer le parcours de « légendaire » à « totalement impitoyable ». Revue de détail de ce tracé rouvert le 1er septembre, dans les délais impartis pour accueillir l’Open de France après une petite infidélité à Saint-Nom-la-Bretèche. Au final, après 53000 m3 de terres déplacées, 91000 m2 de surfaces remodelées, 15 kilomètres de canalisations posées et vingt-quatre mois de travaux qui se sont déroulés dans un climat de coopération exemplaire, nous affirmait à la fin de l’été Christophe Muniesa, DG de la ffgolf – avec les pouvoirs publics. Le résultat est là depuis début septembre, flamboyant. Un véritable renouveau que nous avons choisi d’illustrer avec une pelleteuse plutôt qu’un visuel du parcours, c’est bien plus révélateur !
4-5-6, nouvelle séquence infernale
C’est le nouveau triangle des Bermudes du parcours. Les anodins trous 4, 5 et 6 ont été passés au mixeur architectural sous la contrainte de l’emprise de la ligne 18. Le 4 dépourvu de son bunker longitudinal s’ouvre désormais sur une agression visuelle frontale, obligeant à attaquer le green en finesse. Sur les 5 et 6, oubliez les havres de paix où l’on venait reprendre son souffle entre deux crises de nerfs. Avec un dogleg et un green surélevé de 7 à 8 mètres qui aimante les erreurs, le 5 est devenu— selon Grégory Havret — un défi redoutable, l’un des plus touchy du parcours. Ce n’est plus de la stratégie, c’est maintenant une obligation à marcher sur des oeufs. Le 6, quant à lui, a nettement gagné en caractère et se défend via des bunkers qui piègent la vision avant d’attaquer un green redessiné, plus compact en longueur. Birdie possible, mais jamais acquis. Tout ce « corner » est dorénavant aussi parsemé de bunkers certes relativement petits mais en revanche très accueillants. Ces modifications ont été accueillies de différentes façons par les joueurs du Tour lors de l’Open de France 2026; certains n’y voyant strictement aucun intérêt (ca fera plaisir aux équipes qui ont travaillé dessus ..), et d’autres saluant le travail réalisé.
Greens de rêve
Mais la cure de jouvence du parcours phare de la ffgolf — pour mémoire le seul tracé au monde à avoir accueilli et la Ryder Cup et les JO, et cela devrait durer — ne s’est pas arrêtée en chemin. Les fairways ont été réensemencés, des bunkers ont été redéployés pour punir le moindre slice trop optimiste, les zones de départ reprises (et même refaites au 1 et au 15), les berlinoises renouvelées, des chemins améliorés, des greens remodelés sur la moitié du parcours (1, 2, 9, 15, 17 et 18), et de nouvelles graminées modernes, taillées pour les enjeux climatiques, posées partout. Résultat perçu lors de l’inauguration fin aout : des surfaces de putting absolument divines, peut-être du jamais vu en France. À Turnberry, peut-être ? Fantastique ! Et il est vrai qu’on a vu des putts irréels lors de l’Open la semaine dernière ! Dans tous les cas chapeau aux architectes, ingénieurs, équipes terrain et à tous ceux qui sont intervenus sur le site, équipes fédérales en tête dont Edouard Brechignac, chef de projet et Philippe Pilato, directeur du National.
Vous voulez connaitre au final notre trou favori ? Et bien ce sera peut-être une surprise pour certains mais c’est le 1, avec son aire de départ réaménagée et une magnifique vue sur son fairways sans deviner le green, mais où l’on sent bien la pression de la pièce d’eau. Intimidant et somptueux. Et bien entendu le 18, un véritable piège doré : tenter d’atteindre son nouveau green en deux coups pour aller chasser un eagle demandera toujours de l’ambition, un cœur bien accroché et avec le préallable d’un drive de haute voltige.

L’Oiselet fait sa révolution de palais
Pendant que l’on réinvente l’Albatros, le petit frère souvent oublié, l’Oiselet, va lui aussi enfin sortir de l’ombre en 2027. Fini le parcours compact un peu austère que l’on traversait un peu en baillant : place à une collection moderne de Par 3 punchy, taillés pour décomplexer les débutants mais offrant aussi un véritable laboratoire d’entraînement aux acharnés du swing et aux pros.
N’oublions pas non plus l’Aigle, le frère cadet. Un tracé séduisant qui a vu sa fréquentation exploser pendant les travaux. Son seul (faux) problème ? Souffrir de la comparaison avec son illustre voisin, car considéré isolément, personne n’y trouverait rien à redire. Les joueurs étrangers s’y sont d’ailleurs pressés ces deux dernières années.
Une nouvelle expérience
Ce qui nous a aussi frappés l’hiver dernier, comme lors de l’inauguration estivale, c’est l’expérience globale dorénavant offerte par le Golf National. Sous la houlette de son directeur Philippe Pilato, le niveau de service a clairement franchi un cap. Accueil chaleureux, conseils bienveillants, magnifique pro-shop, flotte de voiturettes flambantes neuves avec GPS et systématiquement nettoyées après utilisation : autant de petits signes qui ne trompent pas. Le Golf National veut jouer dans la cour des grands, au juste niveau des standards exigés par le label European Tour Destination. Ceux qui connaissent les grands resorts portugais ou grecs qui apparaissent souvent dans nos pages sauront de quoi nous parlons.
Avec ce nouvel Albatros, le volatile tricolore montre qu’il sait rivaliser avec les sanctuaires mondiaux. À ce propos, les joueurs étrangers s’acquitteront désormais d’un green-fee à 280 euros, reflet de l’ambition assumée par la ffgolf. Finalement, à côté des 1000 livres de Turnberry, c’est cadeau, surtout à deux pas de Paris et du château de Versailles. Rassurez-vous : la moitié seulement de ce tarif est demandée aux licenciés français. Ajoutez à tout cela de flamboyants nouveaux locaux techniques, une gestion de l’eau optimisée, la biodiversité favorisée, de nouvelles machines et un parking équipé d’ombrières photovoltaïques autorisant enfin la recharge des véhicules électriques — c’était une anomalie de l’ignorer avec DS Automobiles comme partenaire de la fédération ! — et vous obtenez un domaine totalement réinventé.

L’Albatros version 2026 est donc bien officiellement de retour dans le game.
Il n’est certes pas méconnaissable, car on y retrouve ses repères au sein d’une reconception qui ne dénature rien. Une seule question demeure : avez-vous vraiment le niveau pour affronter ce grand volatile golfique ? Figurez-vous qu’avec ses nouvelles marques de départ métrées (exit les traditionnelles couleurs genrées), indiquant la distance exacte du parcours (49, 52, 58, 63 — un chiffre à multiplier par 100 pour determiner la longueur de parcours que vous allez jouer), chacun peut trouver un tracé en phase avec son niveau, sa forme du jour ou la météo. Un système déjà plébiscité à l’étranger, garant d’un jeu plus fluide et moins stressant pour vivre pleinement l’expérience du nouveau Golf National et de sa star, l’Albatros. Une promesse validée par Fairways, sans la moindre réserve !
Plus d’infos : golf-national.com
Extrait du dossier de presse Golf National / ffgolf :


























